Ce Social Media Management Day (ou #SMMD pour les gens vivant avec leur époque) avait tout pour nous faire rêver : un cadre trop cool (le siège de Microsoft France), des intervenants aux fonctions sexy et même un promesse de chips gratos à la sortie ! Mais, comme tu t’en doutes (oui toi petit coquin !), c’était bien trop beau pour être vrai…

Ce bon vieux Loïc Le Meur (Fondateur et PDG de Seesmic) a tout de même essayé de poser les bases dès le début en annonçant qu’il n’avait souhaité inviter « que des annonceurs » histoire de parler un peu de cash (ce mot apparaît déjà comme une sorte de fil-rouge implicitement tabou). Pour le coup, il ne nous a pas menti ; on a eu droit à des responsables « social media » de chez France Télévision, idem pour Air France, des community managers internes de chez Domino’s Pizza, Ben & Jerry’s, La Poste, le directeur marketing de SalesForce etc. etc. La plupart d’entre nous s’est donc dit qu’on allait parler investissements (en chiffres hein), ROI, manipulation des masses, création du besoin via des tweets, vaccin contre le SIDA et conquête du monde !

Mais en fait, non.

90% du temps de la conférence a été consacré à l’énonciation de problèmes évidents rencontrés par les community managers, à des découvertes grandioses du type « moi je vous dis que la géolocalisation ça va faire mal » et à de la branl**** collective sur des termes comme « communautés », « expérience globale », « partage de valeurs » et (oui oui) « amour ». Pour les plus curieux/naïfs d’entre vous, en voici les grandes « idées » :

- C’est pas facile d’uniformiser la gestion des réseaux sociaux chez FR3 régions.

- Twitter c’est plus polémique que Facebook. (FR TV)

- Réussir à connecter les médias sociaux entre eux c’est trop cool ! (FR TV)

- C’est chaud pour Air France de gérer des évènements comme les Tsunamis et les volcans qui crachent de la lave.

- La page Facebook d’Air France est ouverte 24h/24, donc c’est pas facile à gérer…

- Doit-on mettre les noms et prénoms des CM sur les comptes Twitters des marques ?

- Peut-on vraiment parler de « fans » sur Facebook ? (je suis fan de Carlos sur Facebook)

- Si on utilise une démarche 100% mercantile alors les fans/followers s’en rendent vite compte.

Il était clairement plus intéressant de suivre tout ça sur Twitter où s’est petit à petit montée une « contre-conférence » pleine d’ironie et de blagues de très bon goût (#SMMD et #SMMD1).

Je ne vais cependant pas faire ma tête de con et il est clair que certains sujets abordés durant cet après-midi m’ont semblés intéressants. Il a par exemple été question de l’application de principes d’échange « à la Facebook » au sein du monde professionnel avec des plateformes comme Chatter (by Salesforce) ou encore la question des stagiaires et de l’externalisation des pôle SM vers des agences spécialisées.

Mais si j’ai utilisé le terme « Bisounours » dans le titre de ce billet, c’est principalement pour que l’on comprenne qu’il s’agit ici d’un coup de gueule. C’est tout de même affolant de voir qu’aucun intervenant n’a été capable de parler de ROI ou, plus généralement, de cash. On nous parle de « faire vivre quelque chose » au consommateur… On sait pertinemment que ces efforts de communication ne sont pas fais pour amuser la galerie mais bien pour nous faire acheter des canettes d’Oasis ! Les cadres de ce milieu se font passer pour une nouvelle génération de businessmen transparents et novateurs alors qu’ils essaient même de faire croire à un auditoire plutôt averti que « Ramon Tafraise » d’Oasis est juste un bonhomme rigolo qui vend de l’amour et de la joie de vivre à nous autres « crétins ».

Je tiens tout de même à lâcher un « big-up » à Julien Codorniou (Responsable partenariats chez Facebook) qui a été le SEUL intervenant pragmatique et réaliste. Il a bien insisté sur l’envie de Facebook de devenir le premier importateur de trafic pour le e-commerce (des marques comme Asos nous permettent déjà de visualiser la plupart de leur produit sur notre réseau social préféré), sur l’impact publicitaire énorme (et donc les retombées cash pour les annonceurs et Facebook) généré par les boutons « like » universellement implantés sur la toile ainsi que sur la valeur incroyable des « social graphs » détenus par le géant américain.

Il a terminé son speech par une phrase à la fois forte et inquiétante :