La première question que vous vous posez sûrement (ou que vous devriez vous poser) est la suivante : pourquoi un article consacré à Rihanna sur un blog aussi raffiné musicalement que les Archivistes ?

Tout simplement parce qu’il ne s’agira pas ici de parler de sa musique. Si vous voulez connaître notre avis quant à la nouvelle chanson de la demoiselle, vous pouvez lire les critiques que nous n’avons pas faites de ses deux dernières productions puisque ce sont exactement les mêmes.

Comme vous le savez peut-être déjà, le nouveau clip de Rihanna est au cœur d’une polémique voire, n’ayons pas peur des mots, d’un BUZZ ! Notre nouvelle non-protégée a en effet été la victime d’un affreux traquenard orchestré par les geeks boutonneux puceaux de chez youtube puisque ces derniers ont décidé d’empêcher le visionnage de la vidéo aux utilisateurs de moins de 18 ans. On imagine aisément le joli pic d’inscriptions qui a dû s’en suivre, chacun espérant avoir droit à un effeuillage un peu plus hardcore de la « good girl gone bad ». Il faut reconnaître que le teasing est allé crescendo lors des derniers clips, et beaucoup palpitaient à l’idée de pouvoir enfin profiter d’un gros string bien net à la Lady Gaga ou, j’ose à peine le dire, d’un morceau de téton que les réalisateurs auraient « oublié » d’enlever au montage. La « censure » youtube était donc de bon augure et c’est avec le cœur plein d’espoir que j’ai pressé le bouton « lecture » (après avoir emprunté les identifiants d’un pote puisqu’il me reste de temps en temps un peu d’amour propre).

Image de prévisualisation YouTube

Comme vous l’avez bien évidemment remarqué, on ne découvre aucune nouvelle partie de l’anatomie de Rihanna dans le clip. Pire, elle apparaît sous un nouveau jour (= placement) qui la rend aussi excitante qu’un canard adulte. Finie l’image de garce intouchable qui lui allait si bien avec sa moue permanente et son regard subversif. Ici la chanteuse choisit le masque de la candeur putassière pour se livrer aux joies du sadomasochisme version 6-8 ans. On retrouve un peu de Katy Perry dans sa façon d’essayer de faire la conne et surtout une vilaine resucée de madame Gaga. De la reine on ne retrouve qu’une symbolique au rabais et quelques attitudes galvaudées. C’est un peu comme si Rihanna s’était acheté le kit chez Walmart avec la couronne en plastique, l’étoile à se coller sur l’œil et la fausse chambre pour délirer sur des peluches avec ses amis. Les réalisateurs ont même pris la peine d’ajouter une poupée gonflable et un t-shirt « censored » pour donner de la crédibilité à l’ensemble. Enfin, il fallait conférer au clip une substance, un leit motiv qui fut certainement tiré au sort tant il n’a aucun rapport avec la chanson : une bonne critique de la presse façon Britney Spears. Alors c’est parti tout le monde fait du S&M, une boule dans la bouche pour pas que tu poses tes méchantes questions et toi viens là je vais te faire uriner sur une bouche d’incendie (rose hihihi). Cerise sur le gâteau avec la combinaison en latex (encore rose hihihi) et banane dans la bouche avec…la banane dans la bouche.

Que dire d’un tel manque d’inspiration ? Pour commencer je pense que même les fans de cet artiste ne méritent pas un traitement si vilain. Après tout, comme aurait pu le dire ce cher Bartolomé de Las Casas : « Eux aussi ont une âme ». N’oublions pas que chacun d’entre nous est fatalement confronté une fois dans sa vie à un clip de Rihanna. Interrogeons-nous ensuite sur le bien-fondé de pareille stratégie. Pourquoi abandonner la gravité érotique pour se lancer dans la bouffonnerie faussement pornographique ? Peut-être s’agit-il d’un moyen d’occuper l’espace en profitant de l’absence du loup Gaga mais en voyant un tel clip on ne peut qu’attendre son retour avec plus d’impatience. La volonté sous-jacente des producteurs était certainement de donner une image qui corresponde davantage au tournant « dancefloor » opéré par l’ex-princesse consanguine du RnB. M’est avis que lui teindre les cheveux en rouge était déjà un acte assez significatif, hélas ce n’est pas moi qui produis la petite.

Et puis parce qu’on pourrait continuer comme ça longtemps et qu’au final cet article n’apporte rien, concluons sur des bonnes paroles qui ne sont pas de moi :

« La meuf s’est fait battre à mort par son mec et ose nous vanter les joies du SM : qu’est-ce que le point ? »

Le mystère reste entier, vos théories sur le sujet sont les bienvenues.