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Cette année, et pour la première fois, les génitrices des nominé(e)s aux Oscars sont sollicitées par les producteurs du « biggest movie event of the year ». Baptisées les mominees (mot-valise pour mom+nominees), elles sont invitées à tweeter avant et pendant la cérémonie pour partager leurs émotions avec les fans de cinéma et leur faire vivre l’événement comme s’ils y étaient, puisque cette année le slogan est « you’re invited ». Elles ont également été encouragées à partager des anecdotes sur leur prodigieux enfants pour les rendre plus accessibles, « real people » quoi. De quoi faire des Oscars une véritable family affair, et peut-être booster l’audience de cette cérémonie devenue un peu ringarde et prévisible au fil des ans.

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« Now, some of your moms may not tweet, a reconnu le producteur de l’émission Bruce Cohen, but we will teach them how to do that. » Et cela sera probablement nécessaire, quand on constate que la grand-mère de James Franco (@GrandmaMitz, une grandmominee si vous avez suivi) a orthographié le hashtag #mominee de plus de trois façons différentes (#momonee, #momenee, #momoniees…). Sûrement sous le coup de l’émotion. Elle semble excitée comme une adolescente à l’idée de participer aux Oscars, The make-up people worked miracles on me, a-t-elle malicieusement posté le 19 février, avant d’ajouter : The photographers all shouted « Are you his mother?«  That compliment set me up for a couple of years. So sweet. Toujours dans la famille Franco, je demande la mère, @FrancosMom, un peu plus rock’n roll, qui a tweeté un lien vers des photos de lolcats en précisant : This is the cutest photo of @JamesFranco.

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Si l’initiative n’est – hélas – pas unanimement suivie par les mominees, ça a tout de même l’air de buzzer (oui, n’ayons pas peur des mots). Ajoutons à cela les nombreux teasers starring les jeunes et beaux co-hosts Anne Hathaway et James Franco, les séances de coaching pour first-time nominees à propos des acceptance speech (discours de remerciement souvent long, prévisible et larmoyant qui suit toute remise de prix)… tout est fait pour que la 83ème cérémonie des Oscars se déroule sans accroc et batte des records d’audience. Un défi pas évident à relever pour les producteurs Cohen et Robertson, car les années 2009 et 2010 ont été plutôt moroses pour l’industrie du cinéma aux USA (baisse de la fréquentation des cinémas, augmentation du prix du ticket), et l’audimat des Oscars est en chute libre, le public pouvant désormais, grâce à l’Internet, accéder au palmarès et autres infos primordiales (qui a porté la robe la plus courte? qui a pris 3 kilos depuis l’an dernier? qui est venu/reparti avec qui?) sans s’asseoir devant une télé pendant trois heures à six heures (cela dépend des années).

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Cette évolution des Oscars est un nouveau signe de la volonté des médias « traditionnels » (TV, presse papier et radio)  de s’appuyer davantage sur les nouveaux médias (Internet et réseaux sociaux) pour reconquérir un public infidèle et difficile qui file désormais le parfait amour avec Facebook, Twitter et les blogueurs, mais effleure de moins en moins le papier d’un journal ou la télécommande. «Consumers are watching on TV, but they also are chatting with friends about what people are wearing, what movies won and what didn’t win, reconnait un publicitaire, as TV is evolving, we are trying to tap into that. We haven’t quite cracked the code yet.» Est-ce que les producteurs des Oscars 2011 ont trouvé une combinaison gagnante ? Réponse cette nuit…