Il y a le lapsus linguae, le lapsus calami, et puis, évolution des modes de communication oblige, il y a désormais le frapsus, ou encore lapsus clavis pour les puristes, bref, la faute de frappe si vous préférez.

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Celle qui vous fait passer pour un illettré alors que vous êtes juste étourdi.

Celle qui vous sert d’excuse si vous êtes vraiment illettré.

Celle qui vaut des millions de dollars.

Celle qui fait libérer un type qu’il ne vaudrait mieux pas.

Celle que votre smartphone – pas si smart que ça – fait automatiquement.

My iPhone has either picked up an attitude, or has real low self-esteem:

whenever I type “me,” it wants to replace it with “Mr.”


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Celle qui vous fait envoyer des e-mails comme ça à vos supérieurs hiérarchiques :

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Faute de frappe, c’est aussi un groupe de musique punk suisse dont le batteur est chilien (tout ceci est véridique).

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Si les lapsus linguae et calami furent interprétés par ce cher Freud comme des intrusions de notre inconscient dans notre communication contrôlée, leur dernier avatar n’a pas de quoi se parer de commentaires aussi subtils : c’est la faute aux touches du clavier si petites et si proches les unes des autres, à l’instantanéité des nouveaux moyens de communication et à l’empressement des communicants.

Bref, blame it on the keyboard, comme on dit, or on your fat fingers (les anglo-saxons en ont même fait un verbe).

Mais le frapsus a tout de même quelques charmes. Il permet à certaines petites annonces fort convoitées mais mal orthographiées de n’être accessible qu’à quelques chanceux élus. Il provoque de nombreux fous rires, c’est certain, et participe de ces mutations langagières actuelles…

MPM