
Kitsuné sort sa 11ème compilation ce mois-ci mais il nous est impossible d’écrire un article correct à partir d’un truc aussi chiant. Si vous voulez davantage de précisions, référez-vous aux précédentes reviews des Maisons 10 et 9.
Parlons plutôt d’un label qui jamais ne déçoit : WARP records. Depuis plus de 20 ans, les anciens de Sheffield s’accaparent les génies de la musique électronique. Peu de labels peuvent se targuer de posséder une si belle écurie : Flying Lotus, Autechre, Squarepusher, LFO ou encore sa majesté Aphex Twin figurent parmi leur plus fameux Pur Sang. Tous ces artistes ont contribué à donner à la musique électronique ses lettres de noblesse.

.
Si la scène anglaise est reconnue pour son avant-gardisme en la matière, c’est en grande partie grâce aux visionnaires Steve Beckett et feu Rob Mitchell qui, en 1989, décidèrent de fonder leur petite entreprise du côté de Sheffield. Armés d’un flair incroyable, les deux anciens disquaires se salissent les mains pour puiser dans la pépinière anglaise des talents inexploités. Malgré un positionnement très discret dès le début, le label s’impose rapidement comme un maître à penser pour toute une génération d’électrophiles. Il est aujourd’hui une autorité quasi-absolue à laquelle même les hérétiques n’osent s’opposer.
C’est donc avec un plaisir tout dur que nous nous devons d’accueillir l’offrande que nous dédie Warp ce mois-ci. Comme les dieux sont généreux, sachez que vous pouvez vous procurer ce don du ciel gratuitement sur amazon si vous vivez au UK. Sinon, chopez-le ici.
S’il peut sembler assez prosaïque de goûter l’ambroisie de manière si triviale, soyez quand même certain que le nectar vaut largement « l’achat en un clic ». Vous trouverez dans ce pot-pourri ce que le label a déniché de meilleur ces dernières années et, vous l’aurez compris, ça n’est pas peu dire.

On y retrouve des gros noms qui sont aujourd’hui les piliers du label. Flying Lotus s’occupe de l’entrée en matière, tout en douceur, avec un morceau de son dernier album (Cosmogramma). Do the Astral Plane se distingue du reste de l’œuvre de son auteur par sa luminosité et ses accents house, permettant ainsi à l’auditeur attendri de baisser sa garde pour la suite. Jamie Lidell est là lui aussi, incarnant la volonté de diversification de Warp qui, depuis quelques années, s’ouvre à des groupes rock (Born Ruffians ou encore Maxïmo Park par exemple).
Cette stratégie comporte hélas des risques. The Hundred In the Hands, une des dernières signatures du label, est malheureusement un des rares bémols dans la sélection. Difficile en effet de trouver le moindre éclat de génie dans la pop électronique du duo New-Yorkais. Le titre, comme le reste de leur album, ne se distingue pas de la bouillie « pop-electro » qu’on avait plutôt l’habitude de retrouver chez Kitsuné. Pigeons n’est peut-être finalement qu’un clin d’œil ironique adressé à la blogosphère.
Heureusement, ce sont surtout les petits nouveaux qui sont à l’honneur sur ce Warp Records Label Sampler, avec en tête les deux génies précoces de « l’aquacrunk », Rustie et Hudson Mohawke. L’Hyperthrust du premier a déjà bien tourné grâce à son très bon EP sorti l’année dernière, Sunburst. Son compatriote lui emboite le pas avec le délicieux Rising 5. Plus sombre mais tout aussi jouissif, Bibio vient compléter l’affiche en faisant ses Excuses pour un titre hautement mélancolique. Les trois artistes confirment à eux seuls le talent de Warp qui continue de dénicher les perles du vieux Royaume perdues au beau milieu des West Midlands ou dans les terres écossaises.
En toute logique, on retrouve Clark à la conclusion. Absence, tiré de son chef d’œuvre Totem Flares, vient apporter la touche finale qui manquait au tableau. Celui que certains considèrent comme l’héritier d’Aphex Twin nous offre cette dernière caresse, et la boucle est bouclée.



