Samedi dernier se déroulait le TEDx Paris 2011 à l’Espace Pierre Cardin. Inspirée de sa grande sœur américaine consacrée aux thématiques Technology, Entertainment and Design (TED), cette conférence dédiée aux Ideas Worth Spreading réunissait 16 intervenants autour du thème « futurs singuliers ». Nous y étions… Voici les 4 tendances que nous avons retenu !

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1. La plus attendue : Aujourd’hui l’écologie peut être concrète et efficace en s’inspirant directement de la nature.

Que ce soit Pierre Rabhi (artisan altermondialiste pronant une décroissance salvatrice), Elisabeth Laville (Enseignante d’HEC, directrice d’Utopies) ou Jacky Dupéty (agriculteur aggradant), le maître mot des 18 minutes de speech de chacun pouvait se résumer ainsi: l’humanité devait cesser de parler d’écologie et enfin commencer à en faire. Mais si les deux premiers n’ont, à mon goût, fait que rappeler comment nous pourrions faire et en quoi nous sommes encore loin d’accomplir nos promesses en la matière, M. Dupéty en a, quant à lui, profité pour dévoiler une découverte impressionante: le BRF (Bois Raméal Fragmenté). En 16 minutes, cet agriculteur de 60 ans dévoile ce qu’il appelle « l’avenir de l’agriculture » par la simple application d’une fine couche de rameaux broyés : le BRF. En effet, il s’avère que le BRF contient les nutriments nécessaires pour la mutation des sols en sols forestiers et que ces sols développent un type de champignon qui améliore fortement le rendement des terres sans nécessiter d’intervention humaine… Autrement dit, il invente avec son BRF une agriculture sans arrosage, ni engrais ou pesticides qui offre 160% de rendements par rapport à un sol agricole traditionnel en prenant pour modèle agricole la forêt.

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2. La plus high-tech : L’innovation radicale doit être encouragée par rapport aux innovations « business-ready ».

Si nous ne devions retenir qu’un élément des speakers proprement high-tech c’est bien la chose suivante : le business n’est pas une préoccupation qui doit venir ralentir l’innovation. Que ce soit Etienne Parizot et ses travaux de développement de réalité virtuelle immersive, appelés « Cave » avec pour objet de rendre perceptible la 4ème dimension temps comme nous percevons les distances, ou Sylvain Ordureau et son optimisation de l’imagerie médicale afin de la rendre « accessible partout et de façon complète », le business model ne semble pas être une préoccupation. Rafi Haladjian (inventeur du ô combien inutile Nabaztag et de Sen.Se) enfonce le clou et nous présente ses nouveaux coups de coeur, développés sans insight marché : Snif Tag (le collier pour chien communicant), Botanicals (L’accessoire pour plantes qui tweet quand celles-ci manquent d’eau) ou Rosetta Stone (la pierre tombale qui envoie un texto avec des infos sur son propriétaire aux visiteurs). Espérons que l’avenir sera fait de business angels qui ont l’amour de l’invention folle et un piètre intérêt pour le ROI…

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3. La plus cool : Face à l’accélération du monde, le slow-time est la clef pour éviter l’asphyxie.

Il s’agit là, bien entendu, de la démonstration implacable de M. Servan-Schreiber, auteur de Trop Vite! et parrain de la conférence. Depuis 175 ans, la vitesse a été la quête de notre civilisation. Avec le crash du concorde, elle a atteint un plafond et diminue un peu partout… pourtant l’accélération de notre rythme de vie continue. Pour lui le stade ultime de la vitesse est l’immobilité puisque l’information ne rend plus nécessaire de se déplacer, seules les marchandises doivent circuler de plus en plus vite. Le slow time doit donc devenir une de nos priorités afin de résister au stress grandissant.

Nicole Turbé-Suetens, également intervenante, suggère même une mutation générale des conventions autour du travail afin d’encourager le télé-travail à mi-temps, une solution pour réduire le temps de transport (et les implications en termes de stress et de pollution) et permettre aux employés d’être plus productifs et de mieux profiter de leur famille.

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4. La plus engagée : Les économies parallèles peuvent être la solution à l’insuffisance sociale du paradigme économique mondial actuel

Enfin, last but not least, l’intervention de Jean-François Noubel est probablement l’une des plus intéressantes de cette journée : L’optimum de Pareto et le phénomène de condensation de l’argent qui mène à une sous-monétisation devrait naturellement mener à la création d’un système monétaire complémentaire pour éviter, à terme, la mort de tous les acteurs économiques. Autrement dit : La monnaie régalienne (l’argent rare que nous connaissons aujourd’hui et dont la création est contrôlée par une autorité ) va être complétée par des monnaies sociales (comme les cheques services à la personne), libres et citoyennes. Celles-ci permettront de pallier les insuffisances du système économique omniprésent qui empêche un système social juste.


Pour le reste, on vous invite à regarder l’ensemble des interventions sur le site de canal + partenaire de l’événement pour vous faire votre propre idée. En tout cas, si cette version parisienne du TED n’était pas aussi novatrice que sa consoeur américaine, elle a tout de même eu le mérite de nous faire réfléchir sur ce qui nous attend… Pari réussi donc !