Au commencement étaient la Team Edward et la Team Jacob. A l’époque où on ne savait pas encore qui des deux bellâtres de Twilight allaient ravir le cœur de Bella, les fans se déchiraient. Qu’on soit dans le camp d’Edward ou Jacob, on portait fièrement ses couleurs, sous la marque Team [X]. Temporellement, nous étions en 2008, aux débuts du boom des réseaux sociaux et du microblogging. Des outils sur lesquels on aime déclarer ses allégeances, si possible de manière simple et rapide.

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Aujourd’hui s’affrontent un tas de teams. La team pain au chocolat combat la team chocolatine (ou chocolateam), la team coco défend l’animateur US Conan O’Brien, tandis que la nouvelle génération Z se déchire entre team Peeta ou team Gale pour savoir qui va attraper la bouche et le cœur de Katniss dans The Hunger Games.

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La team, c’est donc une équipe, soit « un groupe d’individus liés par une cause commune ». En ce sens, elle est incluante. On se déclare comme faisant partie d’une idéologie, d’un courant de pensée, d’un manifeste. C’est aussi un appel, un cri de ralliement, qui va forcer les soutiens à s’identifier à leur tour sous la même bannière tandis que les détracteurs vont créer leur propre équipe. Historiquement, les teams étaient liées au sport. Lors des matchs, on s’affiche comme team manchester ou team broncos. D’ailleurs, chaque année lors du Superbowl, il est indispensable pour tout citoyen de choisir une team et de vivre, le temps d’une soirée, en accordance avec les règles du support sportif.

IL FALLAIT CHOISIR UN CAMP.

On tombe là dans un des côtés obscurs de la team, quand la pression sociale force à choisir un camp, quand on ne peut se permettre de rester sur le banc de touche. Combien de geeks méprisés dans les lycées US parce qu’ils ne sont pas team leur école lors des rencontres de foot américain ?

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Dans son usage moderne et digital, il existe une dimension ludique aux teams, qui nous ramène à l’aspect sportif et compétitif du mot. Une team ne peut exister sans au moins un adversaire. Elle ne peut pas survivre seule en tant que concept, elle se définit vis-à-vis de l’autre. Bien après que Bella a choisi Edward, la Team Jacob a continué à se manifester, à tweeter. Parce que l’important est moins d’avoir raison, ou d’avoir gagné. Ce qui compte c’est de se retrouver entre gens de même pensée.

La campagne Team Coco a pris des proportions memesques et reste un cri de ralliement des fans de l'animateur.

A l’heure de Twitter, il est donc très facile de remonter les discussions de telle ou telle team avec une simple recherche par hashtag. Une team peut également gagner en se plaçant dans les trending topics avant l’autre, ou plus longtemps que l’autre.

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Puisqu’on parle de hashtags populaires, on note que la « Team » est l’inverse de « Les Gens ». Quand on fustige « les gens qui », cela implique qu’on détient une vérité qu’on estime universelle et que les autres sont dans l’erreur. Ils ont tort et sont méprisables. Anonymes, ce sont tous les autres, les Gens. Alors que la Team, c’est nous. Exemple :

- Les gens qui disent chocolatine. (= les autres qui sont dans l’erreur, eux, vous)
- La team pain au chocolat (= ceux qui ont raison, moi, nous)

Les deux expressions sont ennemies parce qu’elles révèlent deux façons de voir le monde. Une par le verre à moitié vide : les gens sont stupides. L’autre par le verre à moitié : notre team a raison.

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Dans le monde réel, le débat fait rage dans les agences de publicité. On dit un team créatif ou une team créative ? Les concepteurs rédacteurs et directeurs artistiques ne savent plus à quel genre se vouer. Jusqu’à former des teams masculins et des teams féminins.

Google a choisi son camp en tout cas...

Les membres d’une team sont ceux qui sont d’accord entre eux, quand bien même ils ont tort (Bella a choisi Edward après tout). L’important c’est d’être en harmonie, entre nous, et célébrer notre préférence.

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Si possible dans une lutte contre une autre team.