Arrêtons quelques instants d’être de purs esprits et parlons sport. Oui, car nous autres archivistes sommes également des athlètes, même si nous évoquons rarement cette passion. Dorian vous avait déjà fait découvrir de nouvelles disciplines « street-ghetto-luxe », je vais vous parler aujourd’hui d’un sport un peu plus mainstream et peut-être moins raffiné, mais inédit en France, le kabaddi.

Oui, voilà enfin un mot à la bouche exotique et encore très méconnu du grand public, tu vas donc pouvoir briller en société, cher lecteur, ça fera toujours bien à placer entre une critique du nouveau Justice et le débat sur la succession Raul/Fidel Castro à Cuba.

Le kabaddi, appelé कबड्डी en hindi ou sadugudu en tamoul, langue de la région qui fut son berceau, est né dans l’état indien du Tamil Nadu, il y a 4 000 ans, ou un siècle selon les sources. A l’origine, le kabaddi était un sport de combat dont le but était de développer la force et les réflexes défensifs des jeunes soldats Indiens – une sorte de capoeira à la sauce curry, en somme. D’ailleurs, le kabaddi fait partie de la méthode d’entraînement intensif de la British Army.

A première vue, cela ressemble à un mix entre la lutte gréco-romaine et la balle au prisonnier, mais en réalité les règles sont un peu plus complexes. Ce sport collectif se joue à deux équipes de sept joueurs, en deux fois vingt minutes (quinze pour les équipes féminines). Kabaddi vient d’un mot hindi signifiant « retenir son souffle », élément-clé du jeu : les équipes envoient à tour de rôle un raider dans le camp de l’équipe adverse dont la défense forme une chaîne. Celui-ci doit tacler le plus de joueurs afin de briser la chaîne défensive, tout en retenant sa respiration. Pour que tout le monde sache qu’il ne triche pas et bloque vraiment sa respiration, il doit scander «kabaddi» à l’infini. Le rôle des défenseurs est d’empêcher le raider de retourner dans son camp, jusqu’à ce qu’il soit forcé de reprendre son souffle, action qui entraîne immédiatement l’expulsion du terrain. Chaque adversaire ayant quitté le terrain rapporte un lona à l’équipe, et l’équipe ayant le score de lonas le plus élevé remporte le match.

Comme vous le voyez, c’est très simple, ça ne demande pas de matériel encombrant ni de capacités physiques surhumaines, vous pourrez donc y jouer cet été sur la plage du Touquet avec vos amis pour épater la galerie. En plus, le kabaddi aurait des vertus respiratoires excellentes pour la santé.

C’est sûrement parce qu’il est aussi ludique que le kabaddi est un des sports les plus populaires en Asie, où des millions de fans suivent les matches avec ferveur, surtout en Inde (champion invaincu depuis la création du championnat d’Asie en 1980). Un engouement qui a déjà gagné le Japon et l’Iran, et qui pourrait même atteindre l’Europe et l’Amérique. La première Kabaddi Worldcup s’est tenue en 2004 à Mumbai, et de nombreux pays occidentaux ont formé leurs équipes nationales depuis, comme les États-Unis ou l’Italie, ce qui n’est toujours pas le cas de la France. Il serait d’ailleurs temps de se dépêcher si on veut être prêt pour la prochaine coupe du monde en 2013.

.

Parce que le sport, c’est avant tout des images :

La version authentique : Inde vs. Pakistan, l’équivalent d’un PSG-OM chez nous

Image de prévisualisation YouTube

.

La version « glamourisée » sauce Bollywood

Image de prévisualisation YouTube