Pour marquer la sortie de l’hiver, le D.A. sort de sa profonde hibernation pour se pencher sur quelques tendances visuelles qui cachent bien leur jeu. Cette fois-ci donc, pas de thème global mais un petit tour d’horizon de ce qu’on a vu s’imposer discrètement ces derniers mois. C’est parti pour un petit décryptage du néo-pointillisme, des Post-it®, des réunions de famille en pub et des combi de plongée à porter tous les jours… Suivez le guide !

Si l’engouement des créatifs sur la toile autour de ce petit papier collant a commencé avec la grande mode des stop-motions (on se souvient tous de cette vidéo culte d’un homme assis a son bureau devant un mur animé par des post-its), ce n’est que relativement récemment que l’article de papeterie a été détourné à grande échelle et pour une « noble » cause. Vous avez sans doute entendu parler de Post-it Wars, ces battles organisés entre bureaux où l’on créé des personnages et/ou des objets en post-it à afficher sur les fenêtres afin de montrer à quel point on travaille dans l’entreprise la plus cool du quartier… Ce qui est intéressant dans ce mouvement repose précisément dans le fait qu’il s’agisse d’un objet de bureau, utilisé dans un contexte qui correspond parfaitement a son ADN. En effet, la post-it war correspond a un outil d’appropriation du lieu de travail par les salariés et génère une fierté des salariés concernant ce dernier, une sorte de serious game (ou pas) où l’objectif est de montrer aux voisins à quel point son entreprise est créative et laisse libre court à l’imagination de son staff. Les post-its wars participent alors à la culture de l’entreprise et renforcent le sentiment d’appartenance de ceux qui ont joué le jeu.

Si le concept a été repris de façon simple pour diverses opérations de communication (Post-it Campus War de l’auditeur E&Y, Des offres qui donnent le sourire de Publicis pour Orange), on peut penser que certaines entreprises voient dans cette nouvelle « mode » une preuve que l’engagement des salariés pour leur entreprise est possible. En encourageant la créativité de chacun pour améliorer l’espace de travail et en montrant le résultat de cette créativité aux yeux de tous, l’entreprise co-construit une culture d’entreprise forte avec ses employés et remportera ainsi d’autant mieux leur adhésion.

PS: Si au bureau on vous empêche d’afficher la photo de votre loldog bien à vous à coté de votre pot à crayons, je comprends pourquoi vous vous sentez un peu censurés au travail. D’ailleurs, c’est étrange que vous puissiez accéder à ce blog sur votre ordinateur… d’ailleurs, vous ne devriez avoir accès qu’a Alibaba.com, Office Depot et Bloomberg.com donc méfiez vous de votre IT guy, il est peut-être bien en train de vous tendre un piège!

Je vous épargne la mauvaise transition entre la blague sur l’IT guy, les pixels et les fous du moments qui s’amusent à faire des pixels à la main pour rentrer immédiatement dans le vif du sujet : le néo-pointillisme. Dans une ère où tout est question de pixels et de qualité d’image (et oui, écran rétina plus que HD de l’iPomme 3 quand tu nous tiens…) certains artistes ont choisit de passer IRL l’obsession de la résolution et réalisent, tels des perfectionnistes dignes de Saint-Anne, des images à couper le souffle à base de petits points faits au bic, au criterium ou au pinceau.

Voici la réalisation de Hero de Miguel Endara, une de ces oeuvres titanesques :

Contrairement aux artistes issus du pointillisme, ces nouveaux adeptes de l’art par assemblage de toutes petites touches concentrent leurs efforts sur des travaux monochromes et pour lesquels la quantité de travail est importante pour représenter avec une précision hors norme les nuances du visuel imaginé. Ces artistes utilisent des techniques dites de stippling, qui rappellent celle des graveurs du 18ème, mais fixent leurs productions dans la modernité. Attendons de voir si des marques comme Hermès tenteront de faire appel à eux pour quelques pièces d’exception… (pour accompagner une campagne intitulée « le temps devant soi », le matching semble idéal!)

En pleine période de Fashion week, nous ne pouvions pas passer à coté d’un petit point sur la mode. En publicité, vous aurez peut-être remarqué que deux grandes marques, d’origines très différentes, ont préempté le concept de famille. Que ce soit Dolce & Gabbana à la sicilienne ou Tommy Hilfiger en mode preppy des Hamptons, les deux marques ont choisi d’oublier un peu les shootings et les mannequins/cintres traditionnels (en particulier celles qui font une tête d’enterrement) pour présenter leur collection sous un nouveau jour. Les moues et autres visages blanchâtres / creusés / tristes ont été troqués pour une tribu de mannequins souriants, d’âges et de morphologies variées qui incarnent la marque et font fi de la segmentation traditionnelle pour présenter les produits à une palette complète de consommateurs.

En adoptant ce positionnement, ces marques se rapprochent de leurs consommateurs en ré-humanisant leur collection mais en profitent surtout pour créer un esprit de clan comparable à celui des grandes familles. En effet, comme on comprend mieux quelqu’un quand on a rencontré sa famille, on peut penser qu’on se représente mieux l’esprit d’une marque de prêt-à-porter quand c’est toute une famille qui nous la présente…

Enfin, la petite nouveauté qui est restée « under the radar » dernièrement, c’est le retour des matières techniques comme éléments de prêt-à-porter et en particulier le retour du néoprène, du spandex et autres tissus « combi de plongée ». Le maître en la matière, c’est sans aucun doute Hervé Leger avec ses robes structurées en spandex / nylon vendues chez Colette ou dans la collection BCBG MaxAzria. Chez Blumarine on ose carrément le look Dr No des temps modernes avec des vestes en néoprène inspirées des combinaisons des plongeurs. L’idée derrière tout ça : exploiter les possibilités offertes par les tissus techniques pour habiller le corps de nouvelles formes et dans un esprit résolument moderne. L’objectif : oublier les drapés / le flottant pour re-structurer le vêtement et ouvrir la porte du prêt-à-porter et de la couture à des matières jusqu’alors boudées

Avec la reprise de Courrèges il y a quelques mois par d’anciens de chez Y&R, attendons nous à voir d’avantages de matières inhabituelles sur les catwalks dans les années à venir ! La marque qui ne jurait que par le vinyle et se positionnait comme à la pointe de la prospective dans l’industrie de la mode pourrait bien faire son come-back (comme ce fut le cas pour Carven) et confirmer l’essor de ces matières synthétiques dans les spheres de la couture…

Pour le reste, stay tuned !