C’est la rentrée et le D.A., lui aussi, rentre de vacances! Après un premier carnet plutôt généraliste, celui-ci va se concentrer sur une tendance forte de cette année : le minimalisme. Comme le D.A. est, par nature, plus tordu que n’importe quel autre être humain, il ne s’arrête pas là… et dans un saut créatif, envisage un design scientifique.

Le minimalisme est avant tout une histoire de composition. Pour l’esthète des 2010′s, il n’y a rien de plus beau que les choses simples, épurées, calmes… Dans un monde qui se développe dans l’excès, le stress et le bruit, l’émotion tend de plus en plus à se développer autour de compositions qui retournent « à l’origine » et présentent avec clarté et sens de l’observation l’univers qui nous entoure. Le minimalisme permet un retour aux fondamentaux.

Depuis un peu plus de 5 ans, c’est avec le packaging que cette tendance prend toute son ampleur. Inspiré en partie par le fonctionnalisme, le packaging minimaliste/épuré redonne ses lettres de noblesse au contenu. Il ne s’agit plus d’embellir en cachant le produit mais de le mettre en avant. Le packaging informe en misant sur les transparences, la pureté et l’information brute.

Comme pour toutes les tendances, les créatifs ont finit par tout remixer à cette nouvelle sauce minimaliste. On remarquera surtout les affiches de film qui redéfinissent les longs métrages par un unique élément clef et les diverses refontes de pochettes de disques qui font invariablement fureur (cf la dernière campagne Canal +).

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Si l’on se penche avec attention sur le courant minimaliste, on peut considérer qu’un de ses piliers réside dans la géométrie des compositions. Symétrie et autres joies de l’équerre et du compas semblent être au rendez-vous pour garantir aux diverses réalisations cohérence et esthétique. Avec la mode du geek-chic, aurait-on aussi possiblement affaire à un retour du scientifique sur le podium? Finalement si la démarche scientifique s’applique à simplifier l’univers (course à la décomposition de la matière, à la miniaturisation extrême et autres…), la démarche du designer semble prendre le même pli.

En partant d’un retour à la géométrie fondamentale et aux formes conceptuelles, le designer re-créé des visions scientifiques de la perfection ancrées en chacun de nous. L’esthétique provient ici de l’ordre et de la mentalisation de formes universelles. Avec le regain d’intérêt pour le scientifique et la technologie, on peut penser qu’un courant « géométrique » pourrait être la suite logique du minimalisme pur et simple.

En Branding la géométrie et la symétrie sont déjà un gage de serieux et d’universel. Les designers s’en servent pour leur importance symbolique évidente et simple. La géométrie est en effet idéale car elle constitue une structure visuelle déclinable à l’infini et particulièrement pratique pour la composition de chartes et développements de concepts. Le minimalisme géométrique s’est donc naturellement trouvé une place au soleil !

Si les designers ont développé la tendance depuis longtemps pour ce qui est du mobilier et l’aménagement d’intérieur jusqu’à une production « de masse », l’industrie textile est encore fébrile. Attendons de voir….

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Osons enfin un dernier rapprochement humoristique, du minimalisme géométrique à la nouvelle obsession contemporaine : la 3D. La vision stéréoscopique est à l’honneur en ce moment avec Vogue Italie et ses lunettes rouge et bleues… Si actuellement le relief généré par des lunettes constitue la technologie de pointe pour le consommateur moyen, le designer n’oublie pas que le principe date un peu (la stéréoscopie a déjà plus d’un siècle et demi) et se réjouit du coté délicieusement rétro-geek du rendu…

Chez Waf on a carrément préféré marquer le coup en offrant à Lacoste une campagne en stéréoscopie mais sans les lunettes dans le dernier Shoes-Up (à la fin de la sérié publicitaire on tombe sur une page avec un dessin de lunettes rouge & bleues et l’adresse du site des séries limitées Lacoste). Nous on a trouvé ça très drôle et bien vu…

Mais après tout, on est un peu tordus.