Vous avez dit réchauffement climatique? Les New Yorkais traumatisés par un hiver polaire, la fourrure est de rigueur, au podiums comme à la rue.

C’est à New York qu’a débuté, depuis jeudi dernier, le périple semestriel de la fashion week. Après avoir célébré pour l’été prochain le retour du ludisme et de la légèreté dans nos placards. Comment les new-yorkais appréhendent-ils l’hiver prochain ? Quelles ont été leurs inspirations ? New York, temple de la chicoolitude (néologisme auto déposé et approuvé) peut se targuer d’avoir su rester au niveau. Retour sur les défilés qui nous ont le plus marqués, et les tendances que l’on voit déjà émerger. Le tout classé dans un ordre de préférence complètement subjectif et assumé.

1. Rag & Bone

David Neville et Marcus Wainwright ont lancé les festivités avec brio, grâce à une collection subtile mêlant inspirations ethniques à des tenues sporty et urbaines. Références aux steppes et aux grandes pleines du temps des Apaches, les joggings cosy se voient stylisés par des imprimés graphiques aux couleurs vives et électriques. Dans le même temps des franges viennent habiller capes et manteaux, tandis que la fourrure se mêle aux peaux retravaillées façon inuit. Les références au sport viennent s’ajouter à l’ensemble : épaules façon quarterback et clins d’oeil aux sports d’hiver se marient au style preppy new-yorkais avec brio. L’alliance de références a priori contradictoires se révèle être moderne et cohérente.

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2. Marc Jacobs

Après avoir proclamé un certain conservatisme austère l’hiver dernier, le créateur vedette prolonge l’ode aux seventies qu’il a initié pour cet été, en lui ajoutant cette fois-ci une atmosphère presque futuriste. Les coupes sont sévères et strictes, mais le tout relevé par des clins d’oeil à ses premières collections. Attendez vous l’hiver prochain à faire la part belle aux nœuds et aux pois So 70s.

Mais Marc Jacobs ne se contente évidemment pas d’un simple retour en arrière. Il réussit à puiser à la fois dans le passé et dans une interprétation actuelle de la société pour en sortir, à force de recherche technique, un ensemble novateur. Boutons et Sequins ont un effet plastique tandis que les jupes en latex s’accordent à des bérets vinyles strictement serrés autour du menton, et des bottes presque SM. L’ensemble de ces tenues ultra-sophistiquées est émaillé des fameux noeuds et pois et d’une bonne dose de féminité. Une façon de dire qu’après une austérité de rigueur en pleine crise, le créateur nous accorde, comme une récompense, une certaine fantaisie. Et l’on retrouve tout son génie dans cette subtile alliance entre conservatisme et innovation, question qui doit certainement bien le tarauder mais qui lui vaut tout son succès.

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3. Alexander Wang

Impossible de contester le fait qu’Alexander Wang reste à sa place de superstar des créateurs new-yorkais. Ultra médiatisé, encensé par la fashion sphère, on avait beau émettre des doutes sur sa capacité à transformer son buzz en vraie tendance, il retrouve toute sa légitimité cet hiver avec une collection digne de ses débuts. Le noir est incontestablement de retour, omniprésent. Il surfe sur les points-clés (fourrure, poncho, parka) en les déstructurant pour mieux se les approprier. On retient ainsi les longues capes et parkas molletonnées, féminisées par la désinvolture sexy des robes qu’elles révèlent. Wang se fait de plus en plus pointu, innove (des mois passés en Italie pour réussir l’alliance entre laine et soie de façon aussi subtile), pousse sa démarche jusqu’à l’extrême. Ainsi, la fille Wang n’hésite pas à mixer pièces sporty (baggy à poches zippées, gros sweats et larges parkas) et chic luxueux (jeux de transparences, tissus artisanaux et robes de princesse). Un duo insolite en plein dans l’air du temps.

On attend encore la venue imminente des visuels des derniers show (Proenza Schouler, Calvin Klein) avant de quitter la Grosse Pomme et mettre le cap vers Londres.

Hoping you’ll enjoy the flight, see you very soon…

Crédits Photo : Style.com, The Sartorialist, Garance Doré,