
Ça fait une dizaine, douzaine d’années que le féminisme m’intéresse, et moitié autant de fois que j’essaye d’écrire sur le sujet – sans succès. Il y a des obstacles personnels : admirer ceux et celles qui ont écrit, ne pas oser se mesurer à eux, ne pas avoir de véritable angle, hésiter sur les connaissances – les miennes comme celles de ceux qui vont lire. Il y a aussi les trolls : le sujet les aimante, catégorie poids lourds. Encore plus rageant : derrière le mot unique « féminisme » se cachent des dizaines de courants et d’idées parfois carrément opposés. Donc, en plus des abrutis des Internets, quelqu’un qui, sur le papier, est de notre bord peut s’y mettre. Cet article découle directement de ces difficultés.
Dans mon entreprise personnelle, qui consiste à couvrir le monde d’amour, de paillettes et de licornes, je me suis donc dit que si on comprenait pourquoi on ne se comprend pas, ça nous mettrait peut-être sur la bonne voie. On va donc d’abord parler de là où on en est en France ; ensuite on va se demander pourquoi on est kéblo comme des gogos, ce qui va nous amener à parler de Suédoises, d’études de genre et de militantisme.
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