Credit N.Tubbesing

De GQ à Trax en passant par A Nous Paris, tous les magazines ont couronné Calvi On The Rocks du titre de « Festival Le Plus Hype ». Ne nions pas l’évidence, il y a moins de dreads et de pantacourts en toile de jute à Calvi qu’aux Eurockéennes ou aux Vieilles Charrues mais cette définition est souvent bien trop réductrice car ce n’est qu’une spécificité parmi tant d’autres du festival le plus agréable de France. Petit tour d’horizon de ce qui démarque ce festival des autres.

Sociologie du Public : A la louche, on a 30% de corses, 20% de parisiens dont la moitié représente cette frange de     « branchés » qui retient l’attention des magazines, 20% d’étrangers dont beaucoup d’anglais, 20% de marseillais, niçois et autres habitants du Sud directement venus en ferry et 10% de personnes non identifiées.

Prendre l’avion pour la Corse, un hôtel et une place à 120euros n’est pas à la portée de toutes les bourses étudiantes, c’est donc assez logiquement des trentenaires à barbe de trois jours et calvitie naissante ayant trouvé un CDI dans la com’ ou le market qui peuplent majoritairement le festival. L’absence de boue et de pogos permet aussi de bénéficier d’un public largement féminin ravi de dévoiler pour la première fois de l’année son plus beau maillot de bain et tenue de soirée post-solde. Je refroidis tout de suite mon lectorat célibataire : ces parisiennes en maillot ont déjà un projet d’avenir solide avec le barbu cité plus haut. Calvi ce n’est pas le Club Med Rencontre.

Le Vrai plus de Calvi : Son Cadre. Sur ce point, Calvi se démarque vraiment des autres festivals. Tour à tour sur des plages de sable fin (plages de l’Octopussy pour les clubbers et Bout du Monde pour les chillers), au bord de la mer en contre-bas d’une citadelle (Théâtre de Verdure, le lieu des concerts) et au sommet de cette cité avec vue imprenable sur la baie de Calvi (Chez Tao), le festival se décline dans des lieux plus paradisiaques les uns que les autres. La taille humaine qu’a su garder le festival, pas plus de 2500 personnes par soir, permet de profiter de la crème electro/rock du moment dans un cadre quasi intimiste et en ayant assez de place pour pouvoir danser.

Crédit : Clichey

La Programmation : Carl Craig, Midnight Juggernauts, LCD Soundsystem, Hot Chip, Breakbot…S ans surprise, la tendance est à l’electro même si on remarque qu’avec les années, les programmateurs ont tendance à préférer les « groupes à instrument » aux performers « solo » sur la Grande Scène : ce n’est pas forcement plus mal. Cette année, ce sont les rockeurs de Revolver et la band soul de Mayer Hawthorne qui se sont chargés des parenthèses d’exotisme musical.

On remarque aussi que la programmation présente de nombreux revenants : LCD Sound System (6ème Calvi pour James Murphy !), Hot Chip, 2 Many DJ’s (annoncé en very very special guest), Yuksek, Busy P… Un raisonnement logique nous permet d’affirmer que s’ils reviennent, c’est surement parce que c’est bien. CQFD.

Nos coups de cœur : Au rayon découvertes, pas de grosse claque mais on retient Quadricolor et The Aikiu. Simple mais efficace. Pour les valeurs sûres, option « grande classe » on citera Hot Chip – plus en forme que lors de leur dernière halte parisienne- et bien sûr l’imparable LCD Sound System.

Dans la famille « on les attendait et on n’a pas été déçu » :  The Very Best (final sur « Warm Heart of Africa » avec tout le monde en transe sur la scène), Midnight Juggernauts et Yuksek dont les lives sont beaucoup plus bruts que ce que l’album pourrait laisser penser. Mention « agréable surprise » pour Château Marmont et Matias Aguayo définitivement meilleurs en live que sur album.

Enfin, contrebalançons tant d’enthousiasme en avouant une petite déception sur Jamaica, dont les compos tiennent difficilement la longueur et Carl Craig qui a eu du mal à satisfaire un public qui lui est inhabituel. Quant aux DJ sets qui suivaient les concerts, on retiendra le set funky et endiablé de l’excellent Breakbot et le bordel orchestré par le shaman grenoblois Koudlam.

Thomas H. et Adrien P.

Voici une vidéo pour les absents, qui ont toujours tort, surtout quand il s’agit de louper une semaine au soleil dans le meilleur environnement sonore :