Olivia Palermo x VitaminWater

Des milliers de prétendantes mais peu d’élues : Betty, Alix, Punky B, Pandora, et autres Garance font désormais partie de cette poignée de bloggeuses influentes qui partagent leurs fashion moments avec le monde entier. Je l’avoue, j’ai juré maintes fois « plus jamais ça ! » en voyant les shorts cloutés de Betty, les boyfriend jeans de Punky B ou les shootings gothiques de Pandora mais voilà, j’en redemande, digital native que je suis.

Le principe est simple : la bloggeuse mode aime (s’aime ?) s’habiller et, après avoir dépensé son budget fringues du mois dans un réflexe, décide de poster des photos de ses derniers achats plusieurs fois par semaine. Évidemment, Zara et H&M aidant à la cadence infernale d’une nouvelle fringue par jour, les visites (et les commentaires) affluent et le phénomène prend de l’ampleur. La presse mode s’empare du filon, propulse les bloggeuses consultantes ès nouvelles tendances et proposent leurs bonnes adresses et astuces beauté aux fils des numéros.

Pourquoi un tel succès ? Dans un monde dominé par les icônes fashion et les it-girls, ne trouverait-on pas un peu de réconfort auprès de ses bloggeuses qui mixent Asos et Sandro et nous font partager leurs trouvailles ? Pourtant, rien d’exceptionnel comparé aux it-bloggeuses américaines. Admirez le style de Karla (Karla’s Closet) passionnée de vintage, les vêtements dark home made de  Childhood Flames ou encore  Ilanka qui s’habille presque exclusivement en H&M et parvient à nous le faire oublier. Désormais, les frontières entre journalistes et bloggeuses sont de plus en plus floues, surtout lorsque les rôles s’inversent. Sur les petits nouveaux Into the Gloss et  Tales of Endearment, créés par des journalistes US, on ne saurait dire si on lit un simple blog ou les pages beauté de Vogue.

Mais les bloggeuses ont réussi à faire plus fort. Après plusieurs années au rythme effréné de sept posts par semaine, elles peuvent se targuer d’avoir tapé dans l’œil des grandes marques de la mode et de la beauté. Produits gratuits, invitations aux évènements VIP et aux défilés, vacances tous frais payés pour les plus chanceuses ou encore figurantes dans des spots TV (Pandora dans la version longue du spot Coco Mademoiselle), les bloggeuses s’improvisent à la fois chroniqueuses mode et ambassadrices de marques. La relation avec le bloggeur est même devenu parti intégrante du travail des web managers qui font appel aux « filles comme nous » (et à facebook…) pour vendre.

Cerise sur le gâteau, puisque toute bloggeuse qui se respecte cache en elle une âme de styliste, les marques poussent le vice jusqu’à leur proposer des co-branding sur des collections en édition limitée. A ce jour, on peut noter le sac Lancel de Deedee, une collection de chaussures créée par plusieurs bloggeuses pour André et une collection de lingerie Etam pour Alix  du blog Cherry Blossom Girl.  Les bloggeuses ont-elles vendues leur liberté d’expression pour autant ? Difficile à dire. Les enjeux deviennent importants, tant pour les marques que pour faire durer le petit business de la bloggeuse. Mais on a encore envie de croire à leur innocence…