RIM Blackberry a rencontré de récents problèmes diplomatiques. L’Arabie Saoudite demande l’accès à ses réseaux et au système de chat Blackberry Messenger, bloquant ces services jusqu’à la fin de l’ultimatum. Paradoxe : on reproche à Blackberry de trop bien protéger les données de ses utilisateurs ! Ou comment un problème se transforme en bénéfice.


Quel choc pour l’entreprise canadienne ! L’Arabie Saoudite a officiellement demandé que la firme donne libre accès à l’opérateur national à ses réseaux de télécommunications, son système de messagerie et surtout, à son système de chat : le Blackberry Messenger. Le but ? Officiellement, intercepter les communications terroristes, et ainsi mettre fin à leurs activités. Mais personne n’est dupe : le régime en place, loin de transpirer la démocratie, veut se servir de ces informations pour cadenasser les balbutiants partis d’opposition et devenir ainsi, le centre de contrôle de tous les flux entrants en Arabie Saoudite. De la modernisation de la dictature.

Blackberry semble donc être dans une mauvaise passe, et pourtant, ces annonces lui ont fait du bien dans le monde occidental !

En 2009, RIM faisait face à d’autres soucis de sécurité : Obama, élu président, ne voulait pas lâcher son terminal Blackberry, ce qui a conduit la firme à lui concocter un appareil sur-mesure, qui a passé tous les tests de sécurité et d’informatique les plus tordus. Le stade ultime du bespoke.

En 2010, on pourrait presque croire que cet incident au Moyen-Orient a été provoqué par les canadiens de BB : l’accrochage a eu lieu, exactement au moment de la sortie du nouveau Blackberry Torch 9800, nouveau sujet de prédilection de tous les sites de geeks et de téléphonie depuis une semaine.

Résultat des courses : Blackberry est depuis une semaine, la marque de smartphones dont tout le monde parle. Elle s’affiche même comme la marque la plus sécuritaire, complètement à l’opposé d’Apple, qui a récemment rencontré des failles de sécurité avec ses iPhone et l’iPad.

Aujourd’hui, une news est sortie discrètement, annonçant que RIM acceptait d’installer un serveur de surveillance des données d’utilisateurs en Arabie Saoudite pour « éliminer toute menace éventuelle ».

On peut donc voir que les affrontements entre les Etats autoritaires et les firmes transnationales de NTIC ne sont pas près de s’arrêter, ayant pour enjeu, la diffusion et la surveillance des données à des fins politiques. Bon signe ou mauvais signe ?