Apple sort son iPad, Google, HP et les autres comptent bien ne pas rester sur le carreau… mais que se passe-t-il pour qu’en moins d’un an nous soyons passé d’un engouement quasi-hystérique autour de la réalité augmentée à une obsession de l’appareil mobile ? Que ce soit la Sekai Camera de Tonchidot ou les autres projets fous croisés à la conférence TED de 2009, l’industrie n’est peut être pas encore prête…

En effet, avant de prolonger l’expérience virtuelle en introduisant la réalité augmentée à portée d’iPhone ou de doigts, il s’avère qu’une étape cruciale du développement du web n’a pas encore été franchie. Il s’agit de celle de la géo-localisation. Mais pas n’importe laquelle : celle de la géo-localisation non seulement par rapport à une carte mais aussi par rapport à un réseau d’individus et de lieux. Marc Davis (Invention Arts / ex-chercheur pour Yahoo !/ à l’origine de plus de150 brevets…) appelle cela le Web4. Tout part d’un constat simple : on pourrait comprendre le consommateur 10 fois mieux en traçant son téléphone portable. Le modèle économique du web ayant toujours été de comprendre les consommateurs et leurs envies potentielles d’achats, l’introduction de variables d’étude nouvelles comme celles d’un couplage du réseau social et des lieux de déplacement permet de passer d’un marketing intrusif jugé inadapté et dérangeant à la sensation d’avoir un service supplémentaire. Le succès de Foursquare en est un exemple. Depuis le passage généralisé pour les citadins aux smartphones ces géo-localisations vont être facilitées. De plus avec l’introduction de la géo-localisation sur Facebook d’ici deux semaines (un peu comme ce qui existe déjà sur Flickr), il sera probablement possible d’envisager un « réseau publicitaire social géo-localisé en temps réel » (« Real time social display ad network » Marc Davis @ Conférence M2C Paris). Alors seulement pourra-t-on envisager l’introduction d’une réalité augmentée. Reste le souci de la confidentialité des données…

D’après Marc Davis les prochaines opportunités résident dans le développement de banques de données associées aux nouveaux flux qui vont être générés : « The future for Internet companies lies in the development of banks like there are for money, as information has become the new currency. » Aujourd’hui quelques entreprises ont déjà songé à cela comme Novapost et ses « coffres forts virtuels » qui permettent de stocker fiches de paie et autres documents officiels.

Les marketeurs ont fini par rattraper les innovateurs…