La nouvelle vidéo Alejandro de Lady Gaga est sur VEVO (pardon, le Youtube des Rich & Famous de ce monde) depuis le 8 juin et comptabilise déjà plus de 12 million de vues. Si le web s’enflamme depuis pour dénoncer l’effroyable blasphème de notre american idol préférée avec de fervents croisés comme Katy Perry, nous, de notre coté, sommes bien plus troublés par la disparition d’un élément phare des clips de la jeune new yorkaise : le product placement, substantifique moelle de toute bonne production vidéo de la « haus of gaga ».

Oui oui, vous avez bien lu. Lady Gaga nous a pondu un clip sans pub… Fini les écouteurs beats by dr dre et autres sandwichs en mal de pub, la blonde dit non et en profite par la même occasion pour se séparer de Jonas Akerlund (réalisateur des précédents clips Telephone et Paparazzi, les plus vus de l’Histoire du web). Cette triste nouvelle annoncée, parlons du nouveau clip Alejandro et essayons de comprendre. Réalisé par Steven Klein, photographe de son état et ex-fidèle collaborateur de Madonna, le court-métrage (et oui, aujourd’hui, plus la peine de faire des clips si c’est pour montrer moins de 8 minutes de vidéo, c’est Gaga qui l’a dit) ne laisse plus aucune place au placement produit ou aux costumes exubérants. Bienvenue dans un univers à l’imagerie goth très prononcée et aux représentations froidissimes de l’amour gay sur fond de scènes d’autodafés. Gaga y est livide, tantôt en reine omnisciente ou objet sexuel glacial avec ses sous-vêtements extra-pâles, ses bas de maîtresse SM et ses louboutins. La symbolique n’a pas été laissée de coté non plus, avec des symboles plus ou moins limite tout au long du clip, allant des intouchables croix et étoile à la sacro-sainte coupe de Mireille Matthieu (tout le monde y a eu droit sur le plateau).

Alors pourquoi vous raconter tout ça puisque si vous pouvez lire cet article vous pouvez tout autant aller regarder la vidéo directement? Tout simplement parce qu’on croit qu’avec ce clip Gaga confirme une tendance. Ce ne sont probablement pas une attaque à la religion (Gaga en nonne de latex qui ingurgite un crucifix) ou un hommage à la communauté gay (Gaga qui monte un danseur sculptural) qui doivent retenir notre attention, car après tout, cela n’a rien de très nouveau et nous sommes persuadés que Stefani Joanne Angelina Germanotta ne cherche pas uniquement à s’en tenir à de la simple provoc’. Ce qui compte c’est que Gaga reprend l’imagerie d’un clip phare de la madonne. Pour ceux qui ont vu Express Yourself de Madonna, les chorégraphies de bodybuilders torse nus, les scènes de lutte, l’environnement stakhanoviste, « l’enchaînement » au lit et autres smokings ne sont qu’une habille reprise. Si Lady Gaga est habillée en nonne et porte un « soutif mitraillette » (rappelant fortement les visuels de l’album American Life de Madonna) c’est tout simplement pour nous avertir qu’elle compte bien prendre la place de la blonde cinquantenaire iconique.

Que ce soit dans Telephone ou à la fin de Bad Romance, le message de Gaga commençait déjà à s’affirmer avec un air de ressemblance troublant avec Amy Winehouse… Alejandro confirme cette volonté pour la chanteuse d’écarter ses concurrentes et cette tendance croissante dans le clip musical qui consiste à reprendre les codes des autres pour essayer de s’affirmer (cf: Rihanna et son déguisement de Slash pour Rockstar 101 et la tentative plus ratée de Christina Aguilera avec Not Myself Tonight). A partir de là chacun fait sa sauce… Pour l’instant Lady Gaga y arrive toujours aussi bien.

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